La Sculpture à Toulouse

La sculpture monumentale

La sculpture n'a pas la place qu'elle mériterait dans le paysage toulousain. De nombreux monuments ont étés détruits au cours des siècles précédents et les sculptures en bronze du XIXᵉ siècle qui décoraient les jardins, les places et les fontaines ont pour la plus part été fondues lors de la « récupération des métaux non ferreux » par le gouvernement de Vichy à partir d’octobre 1941.

Heureusement pour admirer la sculpture du XIXᵉ siècle dans l'espace public il reste quelques monuments, les fontaines, les jardins et les monuments aux morts ....

Les musées de la ville offrent également une vaste et riche collection de sculpture représentative de l'activité des sculpteurs depuis l'antiquité.

Les monuments

 La sculpture équestre de Jeanne d'Arc occupe la place qui porte son nom depuis 1942. Très haute sur son socle, la fière Jeanne en armure part affronter son destin...Ce bronze nous rappelle l'importance du culte voué à la sainte au XIXᵉ siècle. En 1922 le Pape Pie II la nomme "patronne secondaire de la France" et la statue d'Antonin Mercié est érigée en commémoration de cet évènement la même année.

Le sculpteur toulousain Marius Jean Antonin Mercié (1845-1916) grand prix de Rome en 1868, a été l'élève des sculpteurs Alexandre Falguière et François Jouffroy. Il a sculpté de nombreux monuments à Paris et en France, au musée des Augustins, vous pouvez admirer le plâtre original de "David vainqueur de Goliath" dont un bronze se trouve au Jardin des Plantes, un autre au musée d'Orsay.

Statue Paul Riquet Allées jean Jaurès

Ce monument sculpté par Bernard Griffoul-Dorval (1788-1861) montre Pierre Paul Riquet en costume d'époque, le pied gauche appuyé sur un tas de pierre... Le bloc de marbre de St-Béat avait été commandé pour une sculpture de Louis XIII qui devait remplacer celle détruite par les révolutionnaires place Mage, l'artiste avait commencé son travail....Mais les évènements politiques et la révolution de juillet en ont décidé autrement et c'est finalement un monument au fondateur du canal qui a été commandé par la municipalité et inauguré en septembre 1853. Ce monument n'est plus entouré du petit square qui avait été aménagé lors de son inauguration, planté au milieu de la circulation il a perdu tout son prestige.... Le futur aménagement des Allées Jean Jaurès par Joan Busquets lui offrira peut être une meilleur visibilité...

Statue Cujas place du Salin

Ce monument en bronze du jurisconsulte Jacques Cujas (1522-1590)  a été sculpté en 1837 par le sculpteur parisien Achille Valois (1785-1862).

L'original a disparu dans le programme de récupération des métaux non-ferreux en 1942, mais il a été moulé à la terre par Henry Giscard, la nuit précédant sa destruction.

Un moulage en bronze-résine, produits par les ateliers de restauration de la ville d'après le plâtre de Giscard décore à nouveau la place depuis les années 1990.

Les Fontaines

  Les fontaines offrent un beau support pour la sculpture et l'ornement qui sont associés à la nécessité d'apporter de l'eau aux citadins. Liées à l'histoire et à l'architecture de la ville elles animent les quartiers, offrent des espaces pour les terrasses de café, offrent un lieux de rencontre ou de repos... Ces fontaines souvent monumentales nous rapprochent des époques où elles ont été érigées et reflètent encore dans leur belles vasques de marbre, les visages des habitants, des sculpteurs, architectes et commanditaires qui ont contribué à leur mise en place.

  L' aménagement de nombreuses places par Jacques-Pascal Virebent (1746-1831) au début du XIXᵉ siècle a contribué à la création de belles fontaines, la fontaine de la place de la Trinité en est le premier exemple.

Fontaine de la place de la Trinité

La place de la Trinité a été aménagée en 1820. Le jeune architecte toulousain Urbain Vitry a remporté le concours municipal qui avait été organisé pour l'installation d'une fontaine en 1823. L'eau s'écoule d'une large vasque monolithe en marbre blanc de St-Béat qui est soutenue par les ailes déployées de trois sirènes de bronze. Le socle triangulaire taillé dans le même marbre blanc est agrémenté de trois têtes de lion en bronze qui crachent l'eau dans un grand bassin en pierre de Carcassonne surélevé de trois marches. Les sirènes viennent de l'atelier du sculpteur parisien Romagnési comme les sculptures de la Maison Lamothe dont Urbain Vitry a dessiné la façade en 1825.

Monument à la gloire de Dominique-Martin Dupuy

Construite entre 1929 et 1834 par Urbain Vitry, cette fontaine monument rend hommage au général Dupuy et aux soldats de la 32ᵉ brigade morts lors de la campagne d'Egypte. La haute colonne en fer ( 19,20 m ) est surmontée par un moulage de "Dame Tholose" sculpture de Jean Rancy, qui ornait la tour des archives depuis 1550 jusqu'à son transfert sur la colonne Dupuy en 1829. L'original en bronze est maintenant conservé au musée des Augustins. Le programme sculpté a été réalisé par Griffoul-Dorval. Les quatre Griffons qui crachent l'eau dans la grande vasque de marbre sont en fonte de fer et proviennent de la fonderie toulousaine Olin-Châtelet.

Fontaine de la place Salengro

La place Salengro a également été ouverte par Jacques Pascal Virebent au début du XIXᵉ siècle. La fontaine dessinée par l'architecte Jean Bonnal a été inaugurée en 1853. Les éléments en fonte moulées viennent des ateliers du Val d'Osne et la partie supérieur de la fontaine est identique à celle de la place Olivier construite en 1886.

Fontaine de la place Olivier

Construite en 1886 sur les plans de l'architecte Guillaume Dargassies, cette fontaine a été offerte par le mécène M. Hyppolite Olivier en souvenir des victimes de l'inondation du 23 juin 1875 qui détruisit le quartier Saint-Cyprien.
Cette fontaine était dotée d’un abreuvoir pour les bêtes et de bornes d’eau pour les habitants qui furent démontés en 2010. La partie supérieur est similaire à la fontaine de la place Salengro (1853) on y retrouve les mêmes éléments de fonte moulée en provenance du Val d'Osne.

Fontaine Ariège-Garonne

La fontaine Ariège-Garonne du sculpteur Alexandre Laporte a été inaugurée en 1896 au Jardin des Plantes. Elle a été déposée et réaménagée sur un mur aveugle de la place Lafourcade en 1982. Typique de la sculpture "fin de siècle", la Garonne est une femme massive et plantureuse, qui écarte de ses bras la roche des Pyrénées sans grande énergie, dans une posture lascive et langoureuse. L'Ariège en dessous, la regarde en tenant la cruche dont l'eau coule pour alimenter la fontaine.

Fontaine Boulbonne

Cette fontaine a été aménagées par Bernard Calley en 1984. Architecte des bâtiments de France, nous lui devons également la fontaine des Puits-Clos aux belles colonnes de marbre rose du XVIIIᵉ siècle surmontées des chapiteaux corinthiens du retable de l'église de la Dalbade sculptés au XVIᵉ siècle par Nicolas Bachelier.

La sculpture de Jules Jacques Labatut créé vers 1905 représente la Garonne passant sous le pont et offrant à la ville de Toulouse l'énergie électrique, elle tenait une ampoule dans sa main gauche et s'appuie sur une roue à anse du moulin du Bazacle qui fournit de l'électricité aux toulousains à partir de 1888.

Fontaine de Roland

Située entre le boulevard Lazare Carnot et la rue d'Aubuisson la fontaine Roland donne son nom a une place qui n'a pas vraiment de nom officiel ni d'existence sur les cartes de la ville. La fontaine construite en 1889 reçoit la sculpture de Jules Jacques Labatut qui représente Roland dans son ultime combat déplorant la mort de son ami Olivier gisant à ses pieds. L'eau émerge des rochers qui composent le socle de la sculpture et symbolisent les Pyrénées. Cet espace mal aménagé a été nommé: jardin des combattants d'Afrique du Nord (1952-1962) et d'Outre-mer en l'honneur des vétérans de la guerre d'Algérie... Mais le jardin est inexistant, mal délimité, il ne reçoit aucun banc pour s'y reposer et mériterait d'être réellement créé.

Fontaine de Goudouli

La fontaine Goudouli aménagée en 1898 est une sculpture réalisée par Alexandre Falguière et achevée par ses élèves, les sculpteurs Antonin Mercié et l'architecte Pujol. Le poète toulousain est représenté en costume du XVIIᵉ siècle, prêt à déclamé ses vers, un livre à la main. A sa gauche, à ses pieds, la charnelle Garonne, sa muse,  est allongée endormie près de sa cruche...

Fontaine Clémence Isaure

Cette fontaine a été offerte aux habitants des Chalets en 1910 par le négociant toulousain Octave Sage qui passa commande au sculpteur Léo Laporte-Blairy pour une sculpture dédiée à Clémence Isaure et à l'Académie des jeux floraux. La "Belle Paule" en bronze est placée en haut d'une colonne de marbre cristallin sur laquelle de jeunes filles sont sculptées en bas-relief dans un style art nouveau. Le bassin est orné de tortues crachant l'eau de grosses grenouilles et de tête de triton qui animent la vasque de pierre grise. Trois bas-reliefs en bronze sont incrustés sur les bords du bassin. L'un représente le pont neuf, l'autre le cloître des Augustins et le troisième offre une vue de la Garonne avec l'ancien pont St-Pierre suspendu en premier plan.

Les jardins

Article en cours de rédaction...

 

Les jardins du XVIIIᵉ siècle

 Le quartier du Grand-Rond a été aménagé au XVIIIᵉ siècle par l'architecte Louis de Mondran (1699-1792) qui voulait faire de Toulouse une grande ville à l'image de la capitale. De grandes allées rayonnantes ont été aménagées autour du Grand-Rond pour relier ces espaces de promenade avec le canal et la Garonne.

 

 

Le jardin du Grand-Rond ou Boulingrin

Cet ovale de plus de 200m de diamètre est aménagé comme un espace de promenade et de divertissement avec son grand plan d'eau et son Kiosque où jouaient les orchestres pour le week-end ou les cérémonies.  Par deux belles passerelles aménagées lors de l'exposition internationale de 1887, on accède au jardin Royal ou au jardin des Plantes.

Le jardin Royal

Le jardin des Plantes

Les monuments aux morts

Monument aux Morts de 1870-1871

Ce  monument inauguré en 1910 est l'œuvre de l'architecte Paul Pujol et du sculpteur Théophile Barrau.

La France en haut d'un piédestal est entourée de trois personnages: la ville de Toulouse porte le voile du deuil et sa couronne crénelée, deux guerriers nus l'un fier et altier l'autre soutenu par l'allégorie de la ville montre la douloureuse destinée des soldats.

Ce monument initialement placé sur les allées Jules-Guesde se trouve maintenant au bout des allées Forain-François Verdier, en face du Grand-Rond

La France est droite et lève son glaive de la main droite tandis qu'elle protège de son bouclier la Civilisation portant le voile du deuil, tenant dans une main un flambeau allumé, dans l'autre une couronne de laurier.

Monument place Roquelaine

Ce monument a été érigé en 1921 par le comité des quartiers Bayard, Matabiau, Concorde et Chalets réunit pour rendre hommage a ses enfants morts pour la France. Le sculpteur Léo Laporte-Blairsy a réalisé un monument coulé en bronze qui représente La France protégeant la Civilisation.

Sur la droite du monument, sont représentés les attributs de la civilisation, la musique, la littérature, les art... mais c'est aussi une façon de rappeler que ces soldats morts étaient musiciens, peintres, sculpteurs, ébénistes, maçons, artisans...


Héraclès archer

Ce temple réalisé par le sculpteur montalbanais Emile Antoine Bourdelle a été inauguré en 1925. Ce monument rend hommage aux rugbymen morts au combat. La première version de l'Héraclès archer date de 1909, le plâtre original est au musée Ingres de Montauban. Deux stèles complètent ce monument, Un portrait signé Bourdelle d'Alfred Maysonnié, capitaine de l'équipe de rugby et le portrait du docteur Paul Voivenel, commanditaire du monument, sculpté par Joseph Andrau. La seule autre sculpture de Bourdelle à Toulouse se trouve à l'hôtel d'Assézat.

La sculpture dans les musées

Créé en 1793 dans l'ancien couvent des Augustin, le musée des Augustins est un des plus ancien musées de France. Ses collections sont constituées des saisies révolutionnaires, du reversement des fonds de l'ancienne Académie royale des science et des arts, des dépôts d'œuvres effectués par le gouvernement à différentes époques et des dons et achats de la Société Archéologique du Midi de la France.

En 1949, en concertation avec l'administration des monuments historiques, les collections des Augustins ont été réparties entre les différents musées municipaux.

Le musée des Augustins          Musée des Beaux-Arts

Une exceptionnelle collection de sculpture

Le musée des Augustins rassemble une riche collection de sculpture d'artistes toulousains des époques romane, gothique, du XVIᵉ siècle, du XVIIIᵉ siècle et XIXᵉ siècle, ce qui en fait un grand musée de la sculpture en France.

La sculpture romane provient principalement de trois édifices religieux du XII et XIIIᵉ siècle:  le prieuré de Notre-Dame de la Daurade, le cloître et la basilique de Saint-Sernin et le cloître de la cathédrale Saint-Etienne. Ces sculptures, chapiteaux, abaques, éléments d'architectures ont été rassemblés pour la plupart par Alexandre du Mège, responsable du musée des Antiques dès 1811 et fondateur de la Société Archéologique du Midi de la France en 1831, il fût un personnage fondateur pour l'histoire des collections du Musée, pour le développement de l'archéologie à Toulouse et pour la valorisation de ses patrimoines anciens. 

Le musée Saint Raymond        Musée des Antiques

L'ancien collège universitaire de St-Raymond accueille un musée depuis 1891. Il devient musée archéologique de la ville en 1949 et reçoit la collection des antiques du musée des Augustins. Les collections retracent l'occupation de la ville et de sa proche région depuis la préhistoire jusqu'à l'an mille. Le fonds de sculpture provient essentiellement de la Villa de Chiragan à Martres-Tolosane découverte au XVIIᵉ dont les fouilles ont été supervisées par Alexandre Du Mège entre 1826 et 1830. Cette vaste Villa a livré des centaines de bustes, statues et fragments d'architecture qui font la richesse du musée.

Le Musée Georges Labit           Musée d'art asiatique

Le musée Georges-Labit fondé en 1893 par Georges Labit (1862–1899) dévoile ses collections dans un bâtiment mauresque dessiné par l'architecte toulousain Jules Calbairac (1857-1935). La collection d'art oriental rassemble de nombreuses sculptures en provenance du Japon, de Chine, d'Inde... Ces œuvres ont nourri la formation et la création des sculpteurs toulousains du XIXᵉ siècle, entre orientalisme et romantisme...

Articles en cours d'écriture...

Musée Paul Dupuy

Musée des arts décoratifs et des arts graphiques

Les Abattoirs                              

Musée d'art moderne et contemporain

 

 

Fondation Bemberg